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Emissions France Culture:  "Camus et moi"

Camus et moi, avec Michel Onfray (5/5) 33 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

A la veille du centenaire de la naissance d'Albert Camus. 
Avec Michel ONFRAY, philosophe, auteur de L'Ordre libertaire, La vie philosophique d'Albert Camus (Flammarion).

Camus et moi, avec Benjamin Stora (4/5) 33 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

A quelques jours de l'année du centenaire d'Albert Camus (1913-1960).   Avec Benjamin STORA, historien spécialiste de l'histoire contemporaine du

Camus et moi, avec Wassyla Tamzali (3/5) 33 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

A la veille du centenaire de la naissance d'Albert Camus.
Avec Wassyla TAMZALI, écrivain, ancienne avocate à la Cour d'Alger, militante féministe algérienne, auteur de Une éducation algérienne (Folio).

Camus et moi, avec Jean Daniel (2/5) 33 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

A la veille du centenaire de la naissance d'Albert Camus. 
Avec Jean DANIEL, écrivain et journaliste, fondateur et éditorialiste du Nouvel Observateur, auteur de "Avec Camus, résister à l'air du temps" (Gallimard).

Camus et moi, avec Roger Grenier (1/5) 33 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

A quelques jours de l'année du centenaire d'Albert Camus. Avec Roger GRENIER, écrivain, journaliste et éditeur chez Gallimard.

Ecoutez l'émission Vivre et penser avec Albert Camus  - Emission REPLIQUES  - France Culture

 Invité(s) : Michel Onfray, philosophe, auteur de "Cynismes" et "Les sagesses antiques" éd. Grasset, "Philosopher comme un chien" éd. Galilée   Maurice Weyembergh, docteur en philosophie

Thème(s) : Idées| Philosophie| Albert Camus




CAMUS AUDIO / VIDÉO LITTÉRATURE

Dossier Albert CAMUS - Archives Emissions Radio - Documents Sonores

http://flenet.unileon.es/docauteurs.html#Camus

Ressources sonores - Lectures - Interviews - Documents http://erasmus07.canalblog.com/archives/2008/01/21/7641346.html


Blog Ressources Audio - Albert Camus
Albert Camus - Audiovisuel. Réseaux Education FLE Langues

L'étranger - Feuilleton Radio
http://flenet.canalblog.com/archives/2007/06/29/5463326.html

Camus : L'étranger s'en est allé - Audio Radio Canada

http://archives.radio-canada.ca/arts_culture/litterature/clips/12694/

Source: Littérature Française Audio - Vidéo

http://flenet.unileon.es/docauteurs.html

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Balises : Albert, Camus, audio, dossier, littérature, vidéo

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Commentaire de Bea Anoux Il y a 42 minutes

CONFÉRENCES CANAL U  -   CAMUS: LITTÉRATURE, MORALE ET PHILOSOPHIE

http://www.canal-u.tv/producteurs/ens_paris/les_grandes_lecons/albe...

Le Premier Homme: comment vivre sans Dieu ?
Albert Camus, morale et littérature
Chute libre ou le déclin du jugement chez Albert Camus
Camus et la revue Esprit
La figure de l'innocent chez Camus
Le moment de Camus

Commentaire de Crale le 3 janvier 2013 à 19:33


L'étranger enregistré par Albert Camus en 1954,  sur Télérama fr, un extrait
http://www.telerama.fr/livre/camus-nous-lit-l-etranger,50444.php

Albert Camus lit L'étranger  -   Extraits Audio

L'étranger d'Albert Camus  Feuilleton - France Culture  - Internet Archive C1 - C2

Fictions / Le Feuilleton│ 

L'étranger de Camus  10/10  Écouter l'émission Ajouter à ma liste de lecture Recevoir l'émission sur mon mobile audio

Adaptation : David Zane Mairowitz et Nicole Marmet   Réalisation : Christine Bernard-Sugy   Rediffusion de 2002     "Dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort." Albert Camus avait ainsi résumé L'Etranger, publié en 1942 mais encore aujourd'hui d'une singulière actualité. Cette adaptation radiophonique en 10 épisodes, ...

L'ETRANGER -  texte intégral   sur le site de l'Université du Québec 

http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/etranger/etranger...

Commentaire de Adel le 8 août 2012 à 20:38

Michel Onfray - Contre-histoire de la philosophie - Saison 10

ECOUTER  Ecoutez l'émission   Camus l’anti Sartre   Ajouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Synopsis en format PDF    Camus l’anti Sartre

1/. DETRUIRE UNE LEGENDE SARTRIENNE
a) « Philosophe pour classes terminales »
b) Le dispositif anti-Camus
2/. LES RAISONS DE LA HAINE DE SARTRE
 Erreurs politiques :
1) Montée du nazisme :
2) Italie mussolinienne :
3) Front Populaire
4) Munichois
5) Défenseur du pacte germano-soviétique
6) Prisonnier libéré se disant évadé
7) Publie dans la presse collaborationniste en 1941 et en avril 1944
3/. LE TRAJET IMPECCABLE DE CAMUS
a) Le communiste anticolonialiste
b) Le gramscien méditerranéen
c) Le journalisme de gauche
d) Le résistant

BIBLIOGRAPHIE
 Herbert Lottman, Albert Camus, Seuil  
 Olivier Todd, Albert Camus. Une vie, Gallimard
 Annie Cohen Solal, Sartre, Gallimard
 John Gerassi, Entretiens avec Sartre, Grasset
 Gilbert Joseph, Une si douce occupation. Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre 1940-1944, Albin Michel

Commentaire de Bea Anoux le 2 mai 2012 à 13:36

 

ALBERT CAMUS  -   CHANNELS  YOUTUBE

http://www.youtube.com/channels?q=Albert+Camus

 

Albert Camus

Albert Camus was a French Nobel Prize winning author, journalist, and philosopher, described as the "James Dean of philosophy". His views contributed

RECHERCHE DAILYMOTION -  ALBERT CAMUS

http://www.dailymotion.com/es/relevance/search/albert+camus/1

Commentaire de Adel le 22 mars 2012 à 12:17

 Fictions / Le Feuilleton     L'étranger de Camus 1/10    Écouter l'émissionaudio

Adaptation : David Zane Mairowitz et Nicole Marmet   Réalisation : Christine Bernard-Sugy   

L'étranger de Camus 5/10       Écouter l'émissionaudio

Les nouveaux chemins de la connaissance - Spécial Albert Camus

Juste Camus 5/5 : Le premier homme

Avec Pierre-Louis Rey, et Jean-Louis Saint-Ygnan

Juste Camus 4/5 : Camus et la question du terrorisme

Avec Denis Salas, magistrat, enseignant et chercheur à l'Ecole Nationale de la Magistrature et Jeanyves Guérin, directeur de l’Ecole doctorale de Littérature française et comparée de Paris III, Sorbonne Nouvelle Pour le Journal des Nouveaux chemins, chaque jour de cette semaine, Adèle Van Reeth reçoit David Camus, écrivain - romancier, et petit-fils d’Albert Camus,

Juste Camus 3/5 : Sartre et Camus, la paix

Avec Agnès Spiquel, présidente de la Société des Etudes camusiennes  Pour le Journal des Nouveaux chemins, chaque jour de cette semaine, Adèle Van Reeth reçoit David Camus, écrivain - romancier, et petit-fils d’Albert Camus, - qu’il n’a jamais connu -  sur le thème Présence d’un mort. Aujourd'hui, ils parlent de la mort.  Les 5 émissions sur Camus de cette semaine ont été enregistrées en ...


Juste Camus 1/5 : Noces - le désert

Avec la présence seule de Raphaël Enthoven, et Georges Claisse pour la lecture des textes  Pour le Journal des Nouveaux chemins, chaque jour de cette semaine, Adèle van Reeth reçoit David Camus, écrivain - romancier, et petit-fils d’Albert Camus, - qu’il n’a jamais connu -  sur le thème Présence d’un mort. Aujourd'hui, ils parlent de la filiation.  Les 5 émissions sur Camus de cette ...

Commentaire de Sylvie le 21 mars 2012 à 20:58

Mª José nous invitait à regarder Camus ,

Un magnifique téléfilm de Laurent Jaoui

qui retrace les dix dernières années de la vie d'Albert Camus

 

CLIQUEZ sur le lien pour voir les 5 épisodes disponibles en ligne

 

 Comment, dans une fiction, parler d'un écrivain emblématique sans être ennuyeux ni dogmatique, et encore moins servir une biographie en forme de pudding indigeste où les auteurs auraient voulu caser tous les éléments d'une vie ? Un pari difficile. Mais gagné haut la main dans ce Camus proposé par le réalisateur Laurent Jaoui, coauteur du scénario avec ­Philippe Madral.

« je voulais trouver un angle et intéresser tous les téléspectateurs, même ceux qui ne connaissent pas l'écrivain  » - et d'accepter : « J'ai beaucoup lu et vraiment découvert ­Camus à travers le livre ­d'Olivier Todd, Albert Camus, une vie, dont nous nous sommes inspiré pour notre scénario. » Laurent Jaoui a donc choisi d'évoquer un Camus intime, avec ses doutes, ses faiblesses, ses ­égoïsmes, notamment à travers les femmes qui ont compté dans sa vie : sa mère, sa femme, ­Francine, dépressive, et ses maîtresses, notamment Maria Casarès. Un homme séducteur, orgueilleux, fier, incompris, doutant, souffrant aussi et fidèle à ses convictions.

Un Camus intimiste sur France 2

Source Blog TICSenFLE:  

 http://ticsenfle.blogspot.com.es/2011/02/camus-le-telefilm.html

Commentaire de Monica le 31 août 2011 à 13:01
Commentaire de Aisha le 6 juillet 2011 à 19:31

 Emission "Ça peut pas faire de mal"  - France Inter

ALBERT CAMUS

http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-albert-...

 

"Que vaut l'homme? Qu'est-ce que l'homme? Toute ma vie, il me restera, après ce que j'ai vu, une méfiance et une inquiétude fondamentale à son égard."

 

Albert Camus, l'enfant d'Alger, le romancier accompli, l'essayiste et journaliste engagé, n'a cessé de questionner l'humanité tout au long de sa vie. C'est à travers son oeuvre, et notamment en lisant pour la première fois l'Etranger, que j'ai compris ce qu'était le "style" en littérature.

 


Voici donc plusieurs extraits de ses ouvrages qui m'ont particulièrement marqué :

- Discours de Stockholm du 10 décembre 1957, extrait des Oeuvres complètes d'Albert Camus, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 2008 

 -Le Premier homme, éd. Gallimard, coll. Folio, 2000 

- L'Etranger, éd. Gallimard, coll. Folio  

 - L'été à Alger, extrait du recueil Noces, éd. Gallimard, coll. Folio 

- Misère de la Kabylie, extrait des Chroniques algériennes, dans les Oeuvres complètes, Gallimard, coll. La Pléiade, 2008  

- Correspondance, Albert Camus et René Char, éd. Gallimard, coll. Blanche

Avec les voix de Albert Camus et Marguerite Duras (archives INA)

 

Commentaire de Crale le 31 janvier 2010 à 19:07


NOCES A TIPASA . . . Extrait
in http://emmila.canalblog.com/archives/albert_camus/index.html

Au printemps ,Tipasa est habité par les dieux […]
Que d’heures passées à écraser les absinthes, à caresser les ruines, à tenter d’accorder ma respiration aux soupirs tumultueux du monde ! Enfoncé parmis les odeurs sauvages et les concerts d’insectes somnolents, j’ouvre les yeux et mon coeur à la grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur. Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde. Mais à regarder l’échine solide du Chenoua, mon coeur se calmait d’une étrange certitude. J’apprenais à respirer, je m’intégrais et je m’accomplissais […]
Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde.
Etreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer.
Tout à l’heure, quand je me jetterai dans les absinthes pour me faire entrer leur parfum dans le corps, j’aurai conscience, contre tous les préjugés, d’accomplir une vérité qui est celle du soleil et sera aussi celle de ma mort […]
J’aime cette vie avec abandon et veux en parler avec liberté : elle me donne l’orgueil de ma condition humaine
 

Commentaire de Zoé Brustel le 21 janvier 2010 à 13:19

Discours d'Albert Camus lors de sa remise du Prix Nobel
http://www.ina.fr/video/I09335536/discours-d-albert-camus-lors-de-s...

Albert Camus' speech at the Nobel Banquet at the City Hall in Stockholm, December 10, 1957
http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1957/camus-...
ECOUTER AUDIO
http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1957/camus-...


Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs,

En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m'honorer, ma gratitude était d'autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense
dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m'a pas été possible d'apprendre
votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d'une œuvre encore en
chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l'amitié, n'aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d'un coup,
seul et réduit à lui-même, au centre d'une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l'heure où, en Europe, d'autres écrivains, parmi les plus
grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?

J'ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m'a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais
m'égaler à lui en m'appuyant sur mes seuls mérites, je n'ai rien trouvé d'autre pour m'aider que ce qui m'a soutenu tout au long de ma vie, et dans les circonstances
les plus contraires : l'idée que je me fais de mon art et du rôle de l'écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d'amitié, je vous dise,
aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.

Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne se sépare de
personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand
nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la
plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d'artiste parce qu'il se sentait différent apprend bien vite qu'il ne nourrira son art, et sa
différence, qu'en avouant sa ressemblance avec tous. L'artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se
passer et de la communauté à laquelle il ne peut s'arracher. C'est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. Et s'ils ont
un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d'une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit
travailleur ou intellectuel.

Le rôle de l'écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est
au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d'hommes ne l'enlèveront pas à la
solitude, même et surtout s'il consent à prendre leur pas. Mais le silence d'un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l'autre bout du monde, suffit à retirer
l'écrivain de l'exil chaque fois, du moins, qu'il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence, et à le relayer pour le faire retentir par les
moyens de l'art.

Aucun de nous n'est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la
tyrannie ou libre pour un temps de s'exprimer, l'écrivain peut retrouver le sentiment d'une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu'il accepte,
autant qu'il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand
nombre d'hommes possible, elle ne peut s'accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos
infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s'enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l'on sait et la
résistance à l'oppression.

Pendant plus de vingt ans d'une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j'ai été soutenu ainsi :
par le sentiment obscur qu'écrire était aujourd'hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m'obligeait particulièrement à
porter, tel que j'étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l'espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de
la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s'installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui furent confrontés
ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d'Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l'univers concentrationnaire, à l'Europe de la torture et des prisons,
doivent aujourd'hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d'être optimistes.
Et je suis même d'avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l'erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit
au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l'époque. Mais il reste que la plupart d'entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se
sont mis à la recherche d'une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage
découvert, contre l'instinct de mort à l'œuvre dans notre histoire.

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle
consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d'une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux
morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l'intelligence s'est abaissée jusqu'à
se faire la servante de la haine et de l'oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d'elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait
la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d'établir pour toujours les royaumes de la mort, elle
sait qu'elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau
travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d'alliance. Il n'est pas sûr qu'elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout
dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l'occasion, sait mourir sans haine pour lui. C'est elle qui mérite d'être saluée et encouragée
partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C'est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l'honneur que vous
venez de me faire.

Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d'écrire, j'aurais remis l'écrivain à sa vraie place, n'ayant d'autres titres que ceux qu'il partage avec ses
compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, sans cesse partagé entre la
douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu'il essaie obstinément d'édifier dans le mouvement destructeur de l'histoire. Qui, après
cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure
à vivre autant qu'exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d'avance de nos défaillances sur un si long chemin.
Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je
n'ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d'être, à la vie libre où j'ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes,
elle m'a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m'aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans
le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.

Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l'étendue et la
générosité de la distinction que vous venez de m'accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui,
partageant le même combat, n'en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du
cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à
lui-même, dans le silence.

From Les Prix Nobel en 1957, Editor Göran Liljestrand, [Nobel Foundation], Stockholm, 1958
in Albert Camus. 50 aniversario... - Cuba 2.0
http://pdc-cuba.org/otros-temas/especiales/albert-camus-50-aniversario.html

Más artículos...
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* Resurge Albert Camus * Albert Camus, philosophe artiste * Albert Camus: 50 aniversario de su muerte
* El incómodo Camus * Camus: Un hombre del Sur

Portrait inédit d’Albert Camus, par B.-H. Lévy – Le Monde (+ Hors-série) 5 janvier 2010
http://www.bernard-henri-levy.com/portrait-inedit-dalbert-camus-par...

Hommage à Albert Camus (3/5) ARTE
Camus, l'homme de théâtre
http://www.arte.tv/fr/Videos-sur-ARTE-TV/2151166,CmC=3020774.html

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